Créer son propre compost

Les déchets végétaux et alimentaires ont besoin d’au moins un an pour se transformer en compost. Vous obtenez alors un engrais précieux améliorant la qualité de votre sol, et ce sans dépenser un centime. Produire son propre compost ne demande pas beaucoup de travail. Le compost se fabrique en effet naturellement, ou plus exactement avec l’aide des innombrables petits organismes présents dans le sol, qui décomposent les déchets organiques et les transforment en humus fertile. Bien choisir l’emplacement du compost est primordial. Il doit être accessible, afin de pouvoir l’alimenter et le recueillir, y compris avec une brouette. Découvrez dans ce guide les points essentiels à observer pour produire votre propre engrais naturel.

Remarque: la valorisation des déchets biologiques permet de réduire considérablement la quantité d’ordures à éliminer. À de nombreux endroits, l’avantage financier est indéniable: une installation de compostage permet de recevoir une subvention ou de réduire le montant des taxes sur les ordures ménagères.

1. Que se passe-t-il dans un compost?

Le travail de décomposition des déchets verts dans un composteur est effectué par différents macro et micro-organismes. Dans une poignée de compost, il y a plus d’organismes vivants que d’humains sur terre. Tout d’abord, les vers et les insectes décomposent et digèrent la matière, avant que les bactéries et les microchampignons la désagrègent chimiquement. Pendant cette activité microbienne, des molécules complexes, riches en énergie, sont fragmentées en eau, sels minéraux et autres nutriments. L’énergie est alors libérée sous forme de chaleur, ce qui accélère le processus. La chaleur peut atteindre 40 à 60 °C. Au début, les odeurs peuvent être désagréables. La chaleur peut toutefois être utile pour lutter contre les mauvaises herbes porteuses de graines. Sinon, ces dernières ressurgiront partout où vous aurez épandu du compost mûr.

Remarque: l’humidité, l’oxygène, la chaleur et les nutriments fournissent un cadre de vie optimal aux vers de terre et aux micro-organismes.

2. Quel type de composteur?

Parmi les différents composteurs existants, le tas de compost est un grand classique. Il doit mesurer environ 1,5 mètre de largeur à sa base et ne pas dépasser 1 mètre en haut. Sa longueur peut varier: l’une des extrémités peut servir à déposer les déchets, l’autre à récupérer le terreau obtenu. Un composteur fait de lattes de bois permet de gagner de la place. Utilisez pour cela un type de bois qui supporte le processus de décomposition, comme le mélèze. Vous pouvez aussi acheter des kits complets, faciles à assembler ou à visser. Les composts les plus résistants aux variations climatiques sont ceux avec un cadre en métal ou en plastique recyclé résistant aux intempéries et aux UV. Les composteurs thermiques en plastique favorisent le processus de décomposition et disposent en outre d’un couvercle pour emprisonner les mauvaises odeurs. 

3. L’emplacement idéal pour le compost

Le compost a besoin d’un lieu semi-ombragé. Un emplacement trop sec nuit aux micro-organismes et dessèche le compost. Évitez les cuvettes ou les fosses, où l’eau peut stagner. La stagnation d’eau empêche la ventilation et peut favoriser l’apparition de putréfaction indésirable. L’emplacement idéal sera semi-ombragé, à l’abri du vent, sur un sol déjà riche en humus. Ainsi, les petits organismes indispensables au processus de décomposition s’épanouiront dans votre compost. Le fond du composteur reste bien entendu ouvert, pour que les petits animaux vivant dans la terre puissent y accéder. Le compost a également besoin d’être aéré, de tous les côtés. Qu’il s’agisse d’un composteur thermique, d’une structure en bois ou en fil de fer, l’air empêche la moisissure et la putréfaction.

Remarque: vous pouvez planter des citrouilles ou des courgettes sur votre amas: ces légumes ont un besoin en nutriments élevé, pouvant être couvert directement par le compost. De plus, ils offriront une ombre bienvenue.

4. Que peut-on jeter dans le composteur et que faut-il éviter?

Sur un sol aéré, déposez des matières brutes, coupées en morceaux, comme de petites tiges ou de minces branchages, les résidus obtenus après la taille de vos haies. Pour bien démarrer un compost, versez en outre une couche de compost mûr ou du ferment à compost. Une fois cette base posée, alimentez votre compost avec vos matières. Dans l’idéal, les couches de différents déchets ne devraient pas excéder 10 centimètres de haut. Variez entre les déchets verts (riches en azote comme le gazon tondu, les coquilles d’œufs, les restes organiques de la cuisine), les déchets marron (riches en carbone, p. ex. feuilles, chutes de bois fendu, paille), et entre les matières sèches et humides.

En réalité, il souvent est difficile de mettre ces théories en pratique, car nul ne produit des quantités idéales de déchets dans un ordre précis. Du fait des tâches quotidiennes de la cuisine et du jardin, les déchets s’entassent pêle-mêle, ce qui n’empêche pas le compost de fonctionner. Il est surtout essentiel de couper les gros morceaux. Un peu d’accélérateur de compost par couche stimule la décomposition.

Remarque: attention avec l’herbe fraîchement tondue car elle peut chauffer au point de s’enflammer. Il est préférable de laisser la tonte flétrir légèrement et de la mélanger avec des déchets verts.

Les déchets suivants peuvent être ajoutés au compost:

  • restes de fruits et de légumes (biodégradables)
  • les coquilles d’œufs
  • le marc de café
  • le carton
  • les déchets végétaux (feuilles mortes
  • les plantes en pot et fleurs coupées fanées, etc.)
  • les feuilles et sachets de thé
  • certains matériaux recyclables comme le coton bio peuvent également être compostés

Ne conviennent pas au compost: les restes de nourriture d’origine animale (qui attirent les nuisibles), les pâtisseries, les graisses et les huiles, les os, les cendres, les plastiques, les métaux, le cuir, le bois traité, les mauvaises herbes avec graines, les parties de plantes infectées (p. ex. feu bactérien, hernie du chou, pyrale du buis).

5. Entretenir son compost

Une fois que le composteur est plein, la seule chose à faire est d’attendre. Au fil du temps, l’amas s’affaisse et devient plus dense. Cela freine l’apport en oxygène. Aussi est-il important, deux mois après le début de la décomposition, de retourner et de bien mélanger le compost, puis de le reconstituer. De temps à autre, ajoutez une bonne couche de paillis d’écorces, de bois mort, de paille ou de brindilles. Ces matières apportent un peu d’espace entre les différentes couches de déchets, et donc de l’air aux petits organismes. Veillez également à maintenir un certain degré d’humidité dans votre compost. En cas de longues périodes de pluie, couvrez-le, et arrosez-le de temps à autre en cas de sécheresse.

Remarque: Si vous souhaitez obtenir un terreau fin, filtrez le compost avec un tamis lorsque vous le retournez, et retirez les plus gros morceaux.

6. Quand le compost est-il prêt et comment l’utiliser?

La maturation du compost se fait en trois étapes: le compost frais, puis le compost mûr, enfin le terreau. Après trois mois, le compost se trouve encore dans une phase de décomposition précoce, la plupart des matières sont toujours reconnaissables. On peut d’ores et déjà l’utiliser pour les cultures qui ont besoin de beaucoup de nutriments (p. ex. tomates, pommes de terre, concombres). En raison de son acidité, ce compost peut nuire aux plantes, racines et plants fragiles.

Le compost est mûr après six à douze mois. Sa couleur est sombre, presque noire, il sent les sous-bois, et seuls quelques restes des matières compostées sont encore visibles (comme les coquilles d’œufs). Il est préférable de le tamiser avant utilisation (p. ex. avec un tamis avec cadre en bois pour de petits volumes). Ce compost fournit le mélange idéal pour le gazon et le jardin, les carrés de légumes et les pots.

Remarque: le compost mûr est très riche en nutriments. Pour éviter un excès d’engrais, il doit être épandu en surface et non enterré.

Le terreau ne présent aucun risque. Il résulte d’un processus de maturation encore plus long, au cours duquel l’effet fertilisant s’atténue. Vous pouvez l’utiliser pour toutes les plantes. Épandez votre terreau idéalement au printemps ou en été, en binant le sol avant de répartir 2,5 à 3 litres de votre mélange par mètre carré.

Conseil

Test du cresson 

Pour vérifier si le compost est mûr, semez des graines de cresson dans un bol rempli de compost. Si les germes qui apparaissent après cinq jours sont jaunâtres, le compost n’est pas prêt. S’ils sont verts, c’est que votre précieux humus est prêt et peut faire office d’engrais.

Entretien du compost en automne et en hiver 

Avant l’arrivée de la saison froide, il est bon de retourner une nouvelle fois le compost (les matières doivent être bien mélangées). Le processus de décomposition s’en trouvera accéléré et le compost poursuivra son travail jusqu’au milieu de l’hiver. Effet connexe intéressant: le fait de bien retourner le compost ralentit le processus de putréfaction et atténue les mauvaises odeurs. En hiver, les composts ne sentent pratiquement plus rien, mais après le dégel, les déchets organiques mal décomposés se font à nouveau remarquer par leur odeur. Si vous souhaitez stocker du terreau pour le printemps, conservez-le impérativement à l’abri du gel, dans une cave par exemple.

L’hiver, couvrez votre compost pour le préserver de la putréfaction due à la pluie, à la neige et au gel. Pour cela, posez tout d’abord une couche épaisse de feuilles mortes, puis une enveloppe de protection pour compost respirante ou une natte de roseau. Les protections en plastique ne sont pas recommandées: certes, elles empêchent l’humidité de passer, mais elles bloquent également la ventilation du compost.

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